Exposition
Soto, une rétrospective

12 décembre 2015- 30 avril 2016

Le musée Soulages poursuit sa programmation entre art moderne et contemporain qui met l’accent sur la création en lien avec les procédures techniques. « C’est ce que je fais qui m’apprend ce que je cherche » affirme Pierre Soulages. Du 12 décembre au 30 avril 2016, pour sa quatrième exposition temporaire, le musée Soulages a présenté une rétrospective consacrée au grand artiste vénézuélien qui a passé l’essentiel de sa vie à Paris : Jesús Rafael Soto (1923 – 2005).

Les visiteurs pouvaient découvrir près de 40 oeuvres témoignant des différentes périodes de l’artiste : spirales duchampiennes, carrés flottants, écritures abstraites, vibrations soutenues, polychromies avec tés, cubes aériens, volumes virtuels, Cuadrados et autres extensions de formes, potentiellement infinies. Après « Dynamo » au Grand Palais, dont il fut l’un des deux commissaires, l’historien de l’art Matthieu Poirier est le commissaire invité de l’exposition. Il a sélectionné les réalisations les plus radicales de l’artiste en fonction de leur capacité à projeter leur observateur, par le seul biais d’un vocabulaire formel épuré, dans les limbes insaisissables d’une intense vibration colorée. Au travers d’oeuvres souvent spectaculaires par leur échelle et leurs puissants effets, il s’agissait ainsi de rendre compte du caractère immatériel et « flottant » – au sens propre comme au sens figuré – de cet art, de son état singulier d’entre-deux, de son oscillation constante entre objet sculptural et pur phénomène immatériel.

L’exposition s’appuyait à ce titre sur des collections particulières, avec le concours déterminant de l’atelier Soto, soit la famille de l’artiste. Le Centre Georges Pompidou-musée national d’art moderne a apporté son soutien par le prêt décisif d’oeuvres de toutes périodes, provenant notamment de la donation-dation Soto.

Jesús-Rafael Soto, figure emblématique du cinétisme
Jesús Rafael Soto est né en juin 1923 à Cuidad Bolivar au Vénézuela. Installé à Paris dès 1950, il connaît des débuts difficiles : il doit même jouer de la guitare et chanter dans les cabarets. Lors d’un voyage aux Pays-Bas, il rencontre l’oeuvre de Piet Mondrian qui sera pour lui une éternelle source d’enseignement, un ravissement. Ses oeuvres témoignent d’une intention picturale corrigée par les mystères de l’oeil, d’une délicatesse technique qui n’oublie pas le travail de la main. Dès lors, Jesús Rafael Soto devient un maître de l’art cinétique qu’il développera à Paris et dans le monde entier.

Vibrations, couleurs et transparences
C’est un artiste prolifique qui va mettre en place un vocabulaire de formes et de couleurs avec différents médiums qui défient la planéité inerte de la peinture : tableaux de bois, nappes de fils, plaques de plexiglas, tiges de métal allongées, matière plastique… C’est, à l’instar des peintures de Pierre Soulages, le spectateur qui donne vie à l’oeuvre, par le jeu de son déplacement, avec sa vision particulière. Vibrations, couleurs, transparences, traversées, mouvements, tels sont les maîtres mots de Soto. Parmi les plus célèbres de ses créations, retenons ses volumes virtuels monumentaux, les Pénétrables qui sont des territoires optiques, mouvants, colorés que le spectateur traverse physiquement. Un espace en perpétuelle définition à l’intérieur même d’une salle d’exposition. Dans le monde de l’abstraction, Soto joue clairement au sein d’un mouvement mâtiné de géométrie et de procédures, pourtant avec beaucoup d’indépendance et avec un caractère joyeux.

Autour de l’exposition
Un catalogue d’exposition et un film accompagnaient cette exposition. Une riche programmation culturelle était proposée par le musée : visites guidées, ateliers et documents spécifiques élaborés par le service des publics. Un programme de conférences partagé avec les Amis du musée Soulages et des événements dédiés accompagnaient également l’exposition.

Commissaire de l’exposition
Matthieu Poirier, historien de l’art, docteur de l’Université Paris-Sorbonne Commissaire, musée Soulages : Benoît Decron, conservateur en chef du patrimoine, directeur des musées du Grand Rodez Commissaires associés : Aurore Méchain, attachée de conservation du patrimoine, directrice adjointe du musée Soulages et Amandine Meunier, responsable des collections, musée Soulages.