Exposition
Picasso au Musée Soulages

11 juin au 25 septembre 2016

Pierre Soulages a invité, en son musée, le peintre Pablo Picasso du 11 juin au 25 septembre 2016. Quatre-vingt-quinze pièces, oeuvres et photographies, occupaient les cimaises de la salle d’exposition temporaire. Cet ensemble, dont une partie a rarement été montrée, s’échelonne de 1907 à 1956, soient 32 peintures, une sculpture, 5 papiers et collages, 32 eaux fortes et lithographies, ainsi que des photographies de Michel Sima et David Douglas Duncan. Ces photographies éclairaient d’un jour familier la vie quotidienne du peintre et de l’homme Picasso, notamment avec sa famille et ses proches.

L’exposition bénéficiait de prêts exceptionnels du musée national Picasso-Paris, du musée Picasso d’Antibes, ainsi que de rares oeuvres confiées par un membre de la famille. Il s’agit de la plus grande exposition monographique sur Picasso réalisée dans la nouvelle et grande Région Midi-Pyrénées/Languedoc-Roussillon depuis celle du musée des Augustins à Toulouse en 1965.

Parmi les chefs d’oeuvres présentés à Rodez : Le Grand nu au fauteuil rouge (1929, musée national Picasso), un corps tout en élongations, aux teintes stridentes et à la violence expressive ; Trois Figures sous un arbre (1907-1908, musée national Picasso), nus vigoureusement stylisés inspirés de l’art nègre, comme des soeurs des Demoiselles d’Avignon ; le portrait de Dora Maar (1937, musée national Picasso), visage de l’être aimé aux lignes distordues et aux couleurs somptueuses ; la Nature morte à la pastèque (1946- musée Picasso d’Antibes), d’un ensemble de trois natures mortes réalisées à Antibes par Picasso, prêtées pour la première fois ; le petit panneau cubiste Tête d’Indien bariolé (1907-1908, collection particulière), une représentation primitiviste brutale récemment présentée au MomA ; la sombre Chouette sur une chaise (1947, collection particulière), inquiétante, au bord du signe ; 12 états de la Tête de femme (Françoise Gilot) déclinée en 1946 par Picasso en lithographies (collection particulière)… Comme toujours chez Picasso qui peint sa vie et ses femmes, les portraits sont à la fois des preuves d’amour et des manifestations de souffrance.

L’événement, comme la mise en place d’un musée éphémère au sein d’un musée monographique consacré à un autre peintre Pierre Soulages, a été voulu par celui-ci. Pierre Soulages, qui a participé au choix des œuvres, a souhaité la vision simple d’un Picasso parmi les siens, au cœur de thèmes habituels que sont les portraits, les natures mortes et les ateliers, principalement.

L’exposition avait pour vocation d’attirer un large public dans une ville de taille modeste, Rodez, signifiant par-là que les grands maîtres de l’art moderne ne sont pas l’apanage exclusif des grandes métropoles. Avec la volonté d’attirer, d’intéresser, de former et d’enthousiasmer.