Exposition Gutai,
l’espace et le temps

7 juillet – 4 novembre 2018

En 2016, une collaboration naît entre le musée de la préfecture du Hyogo – province jumelée au département de l’Aveyron – et le musée Soulages à Rodez. Elle se concrétise aujourd’hui par le prêt d’un ensemble d’une vingtaine de peintures de premier ordre du groupe Gutai. Ce musée, situé à Kobé, dispose d’un des plus grands fonds de peintures Gutai au Japon, avec le musée national à Tokyo.

Gutai (1954-1972) : le nom vient de gu, instrument, et de tai, corps, son adverbe gutaieteki «concret» ou «incarnation» qui s’oppose en principe donc à l’abstrait, c’est-à-dire à l’art abstrait de l’après-guerre. Ces artistes incarnent un renouveau de l’art après la cruauté de l’histoire et face à la domination de la culture américaine. Yoshihra Jiro peut affirmer « Créer quelque chose qui n’avait jamais existé auparavant ». Après la guerre, les artistes s’immergent dans l’action et la nouveauté totale. Les premiers Gutai agissent donc dans le cadre du théâtre et du plein air, avec une mise en scène de leur geste artistique, en public. Ce sont des  expositions de groupe régulières dès 1955 au Japon, mettant en avant, le corps, la matière et les éléments.

 

Pour Gutai le matériau revêt une importance fondamentale. Quelques grands noms du mouvement en témoignent : Murakami Saburo traverse avec son corps des tableaux de papier dressés verticalement ; Shiraga Kazuo peint un tableau avec ses pieds, suspendu au bout d’une corde, Motonaga Sadamasa peint en s’aidant de volutes de fumée, Kanayama Akira dessine à l’aide d’une voiture électrique qui parcourt de manière aléatoire le champ du tableau, Matsutani Sadamasa, pour peindre utilise la colle à bois, pour faire des bulles et des cloques organiques… Le rôle du corps de l’artiste, sa gestualité, avec le passage de la peinture sont redécouverts par le mouvement Gutai. Il s’inscrit dans un contexte de vie intense. Quand bien même il est éphémère à l’origine, cet art laisse des traces par des toiles, des objets, des tirages photographiques ou des films, proposés dans l’exposition.

Parmi les œuvres en provenance de Kobe, la majorité d’entre elles relève de la période historique de Gutai, années 50 et 60, beaucoup n’ayant jamais été présentées en Europe. Quelques œuvres de Shiraga et Matsutani ponctuent le début des années 90 montrant la permanence Gutai. L’exposition a aussi de prêts majeurs du musée des Abattoirs de Toulouse, de la Fondation Axel & May Vervoordt à Anvers, du Centre Georges Pompidou, du musée Cantini à Marseille et d’une collection particulière, soient 45 œuvres. Elle est une formidable initiation à l’art Gutai qui est celui de la couleur, de l’invention, du jeu, de l’assemblage. Elle permettra de familiariser l’Occitanie à la culture japonaise, notamment en présentant des œuvres d’artistes universellement reconnus tels Murakami, Shiraga, Motonaga, Yoshihira, Tanaka, Matsutani…

Pour Gutai, le temps et l’espace, Rodez agglomération bénéficie du soutien de l’Etat – ministère de la Culture et de la Communication, de la région Occitanie, du Département de l’Aveyron et a obtenu le label « Japonismes 2018 ». Cette exposition d’envergure internationale est la première en France depuis celle de la galerie du Jeu de Paume en 1999.

 

 

 

 Individuel adulte :
de 7 € à 11 € à la journée
Voir les tarifs 

Yoshihara Jiro, Work (Fine White Circle on Black). Huile sur toile 90,8 x 72,7 cm.
Yoshihara Jiro, Work (Fine White Circle on Black). Huile sur toile 90,8 x 72,7 cm
Murakami Saburo, Work, 1960. Huile sur toile, contreplaqué 183,2 x 139,7 cm.
Murakami Saburo, Work, 1960. Huile sur toile, contreplaqué 183,2 x 139,7 cm
Motonoga Sadamasa, Work (Red, Black), 1970. Huile sur toile 91,8 x 116,8 cm. Hyogo Prefectural Museum of Art
Motonoga Sadamasa, Work (Red, Black), 1970. Huile sur toile 91,8 x 116,8 cm

Expositions passées

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